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Mise à jour : 07/10/2016

 


L'Agoraphobie

Ou quand l’anxiété conduit à l’immobilité…

Définition de l’Agoraphobie

L’Agoraphobie se caractérise par une peur excessive et infondée des lieux inconnus, non familiers.

Dans sa forme "fermée", l’Agoraphobie amène l’individu à craindre de ne pouvoir s’enfuir en cas de danger, comme dans la claustrophobie (peur du confinement).
Les lieux clos tels que cinémas, magasins, transports en commun ou salles de réunion sont alors vécus comme dangereux.

Dans sa forme "ouverte", elle conduit à redouter le fait de se retrouver isolé au milieu d’un espace non clos et de ne pas pouvoir être secouru à temps.
Les lieux dégagés tels que rues, ponts, places ou grands parcs sont alors considérés comme dangereux.
Cette peur des « grands espaces » ne doit pas être confondue avec la peur de la foule (l’ochlophobie).

Envahi par le sentiment qu’il n’est jamais en sécurité loin de chez lui, ou parfois même chez lui, l’agoraphobe éprouve de grandes difficultés dans sa vie quotidienne.
La détresse endurée lors d’une situation de la vie courante, ou simplement son appréhension le conduisent à des comportements dits « d’évitement ».
L’évitement pourra être direct (ne plus prendre le métro ou la voiture, ne pas rester dans une file d’attente,…) ou indirect (adopter des comportements sécurisants, comme se faire accompagner).
Ainsi, l’agoraphobe éprouve généralement des difficultés à rester seul, et est fréquemment amené à restreindre ses déplacements.

Son impuissance face à son système de pensée alarmiste l’incite à confier une partie de ses responsabilités à ses proches, et à réduire significativement ses activités.
La vie familiale, sociale et professionnelle est alors profondément affectée.
Dans les cas les plus sévères, l’agoraphobe peut finir par vivre en reclus, sans jamais quitter son domicile.

L’Agoraphobie débute généralement à l’âge adulte, et peut rapidement devenir chronique et handicapante.
Ses causes ne sont pas encore bien connues, mais on considère aujourd’hui que des facteurs biologiques et psychologiques interviennent dans le développement de cette pathologie (entre autres : troubles hormonaux, mécanismes émotionnels et cognitifs,…).

L’Agoraphobie est souvent associée avec le Trouble Panique : on parle alors de "Trouble Panique avec Agoraphobie", ou TPA.
Dans le TPA, la personne est confrontée à la fois à la peur de situations (lieux ou activités où l'on pourrait avoir une attaque de panique) et à la peur de sensations physiques (étourdissement, étouffement,…). Redoutant un malaise, la personne est alors en proie à des anticipations anxieuses (on parle aussi de "scénarios catastrophes") dans lesquelles elle s’imagine mourir ou devenir folle.


Critères Diagnostiques* de l’Agoraphobie

A. Anxiété liée au fait de se retrouver dans des endroits ou des situations d'où il pourrait être difficile (ou gênant) de s'échapper ou dans lesquelles on pourrait ne pas trouver de secours en cas d'attaque de panique ou bien en cas de symptômes à type de panique. Les peurs agoraphobiques regroupent un ensemble de situations caractéristiques incluant le fait de se retrouver seul en dehors de son domicile; d'être dans une foule ou dans une file d'attente; sur un pont ou dans un autobus, un train ou une voiture.
N.B.: Envisager le diagnostic de phobie spécifique si l'évitement est limité à une ou seulement quelques situations spécifiques, ou celui de phobie sociale si l'évitement est limité aux situations sociales.

B. Les situations sont soit évitées (par ex., restriction des voyages) soit subies avec une souffrance intense ou bien avec la crainte d'avoir une Attaque de panique ou des symptômes à type de panique ou bien nécessitent la présence d'un accompagnement.

C. L'anxiété ou l'évitement phobique n'est pas mieux expliqué par un autre trouble mental, tel une Phobie sociale (par ex. évitement limité aux situations sociales par peur d'être embarrassé), une Phobie spécifique (par ex., évitement limité à une situation unique comme les ascenseurs), un Trouble obsessionnel-compulsif (par ex., évitement de la saleté chez quelqu'un ayant une obsession de la contamination), un état de stress post-traumatique (par ex., évitement des stimulus associés à un facteur de stress sévère) ou un Trouble anxiété de séparation (évitement lié au départ du domicile ou à la séparation d'avec les membres de la famille).

Mentionnons que l'évitement de situations peut altérer les capacités des sujets à voyager, à travailler ou à assumer leurs responsabilités.


Lutter contre l’Agoraphobie

Les Thérapies Cognitivo-Comportementales ou TCC (qui visent à modifier les comportements inappropriés et les pensées inadaptées) ont démontré leur efficacité dans le traitement de l’Agoraphobie.
La réintroduction progressive (on parle « d’exposition ») des situations évitées dans la vie du patient présente notamment de très bons résultats.
D’autres types de thérapies peuvent y être associées, la plus connue étant l’analyse ou psychanalyse (qui vise à identifier des causes dans le passé).

Les symptômes de l’Agoraphobie peuvent être soulagés efficacement par un traitement antidépresseur, notamment de la classe des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine. Un traitement anxiolytique peut également être prescrit.

Votre médecin généraliste pourra vous orienter vers un médecin psychiatre ou un psychologue clinicien susceptible de vous aider (seuls les médecins sont habilités à prescrire des médicaments).

La pratique d’une technique de relaxation (yoga, sophrologie,…) et de certains sports (natation, jogging,…) est également indiquée.
Quelque soit la technique choisie, elle permettra de mieux maîtriser les tensions et d’acquérir des réflexes facilitant la détente, voire le sommeil.

Les groupes de parole peuvent s'avérer très efficaces dans le traitement de l'anxiété. Le soutien apporté par la rencontre de personnes vivant les mêmes difficultés et par l'échange de suggestions sur les moyens de les affronter favorise la mise en place d'un comportement plus dynamique face à son trouble.

Dans tous les cas, s’impliquer, par une attitude active, dans le combat quotidien contre l’anxiété portera ses fruits !


Rédaction :
Myriam Goupil, octobre 2006.
Avec l’aimable collaboration de Benoît Monié, psychologue clinicien (Toulouse).

Sources bibliographiques :

* Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV - American Psychiatric association). Traduction française, Paris, Masson, 1996, 1056p.
Documentation des Associations Revivre, Progredientes, Euroscience.
"Petit ou grand anxieux", Alain Braconnier (Odile Jacob).


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